Des moyens pour sauver des vies !

Protection de l’enfance : Une actualité d’une tristesse infinie révélatrice d’un état délétère. Seule une loi ne pourra traiter de cette situation : analyse, moyens humains et financiers doivent être prévus.

Quand la loi fixe des objectifs mais sans donner les moyens aux acteurs de la protection de l’enfance : c’est l’échec assuré ! Le gouvernement l’avait annoncé, le « Projet de loi relatif à la protection des enfants » va être mis à la discussion à l’Assemblée nationale en juillet, contraint par l’actualité dramatique. Si nos organisations syndicales CGT ne peuvent qu’adhérer aux orientations du texte qui visent à sécuriser et stabiliser le projet de vie de l’enfant protégé, il nous est néanmoins difficile d’accepter que cela en reste au stade de simples intentions.

En l’état actuel du texte et de son étude d’impacts, nous ne pouvons que craindre une absence de moyens pour répondre à ces orientations. Nous confirmons que les questions de sécurisation des parcours de vie des enfants, d’augmentation des contrôles envers les personnes et les structures pouvant exercer auprès des mineurs, ou encore de cohérence territoriale des projets d’accompagnement, sont des leviers essentiels pour répondre à une partie des difficultés rencontrées et éviter les drames mis en lumière durant les dernières années et tout récemment par une actualité sordide. Néanmoins, traiter ces sujets uniquement sous l’angle posé par le projet de loi, ne permet pas d’être à la hauteur des enjeux et des attentes.
En effet, recentrer le travail de recherche d’un tiers proche de l’enfant pour l’accueillir ne doit pas masquer une insuffisance de places et de qualité de prises en charge dans les structures collectives ou en famille d’accueil.
Cela ne doit pas non plus se faire sans un questionnement plus profond des difficultés familiales. De même, si le projet concernant les lieux de vie et d’accueil vient en partie sécuriser la prise en charge au sein de ces structures, il n’est pas possible de les laisser fonctionner sans professionnels diplômés dans les métiers du travail social et soumis à des contrats de travail dignes d’un esclavagisme moderne.

La CGT défend un service public à la hauteur des besoins des enfants et des professionnels. Nous constatons une fois encore que la volonté politique n’est pas en adéquation avec les moyens.
Aujourd’hui, l’ensemble du système de la protection de l’enfance se trouve dans un gouffre sans précédent et le projet de loi ne vient aucunement répondre aux questions fondamentales suivantes.
Seul un investissement massif gageur d’un réel accompagnement des enfants et d’une diminution des souffrances et des couts sociétaux du long terme.

Pour la CGT nos revendications sont :
• La garantie des droits des enfants (y compris MNA) et l’équité territoriale par un Socle national obligatoire par enfant protégé : de financement, de recours uniquement au secteur habilité, de ratio et de normes d’encadrement (milieu ouvert comme placement), par l’emploi uniquement de personnels diplômés des métiers du travail social-suppression de la réforme de niveau 6 et formation tout au long de la vie professionnelle.
• L’obligation pour le gouvernement d’une mise en application judiciaire et financière des lois votées.
• Des contrats jeunes majeurs pouvant aller jusqu’à 25 ans.
• Obligation de recours à tous les dispositifs de prévention. Renforcement et déploiement de la PMI, de la prévention spécialisée.
• Sortir des logiques entrepreneuriales et de la marchandisation du secteur : taux d’occupation, file active, suractivité, mesures trop courtes.
• Coordination renforcée entre ASE, santé, éducation, justice et pédopsychiatrie.
• Des sanctions financières si les départements n’appliquent pas les lois de protection de l’enfance et l’ensemble de leurs dispositifs.
• Abrogation de la loi relative à la prévention de la délinquance (5 mars 2027).
• Un recrutement massif et des revalorisations salariales.
La CGT exige des actes plus forts de la part de ce gouvernement pour que la politique nationale réponde réellement aux enjeux d’aujourd’hui et de demain pour protéger notre jeunesse.

 

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