À l’approche des élections professionnelles du 10 décembre 2026, le constat de l’UFICT-CGT est sans appel : pour les ingénieur·es, cadres, technicien·nes et agent·es de maîtrise (ICTAM) de la fonction publique territoriale, l’autonomie est devenue le paravent d’une exploitation invisible.
LE « TRAVAIL GRIS » : UNE EXPLOSION INVISIBLE
Selon les baromètres annuels Viavoice UGICT-CGT, la situation s’aggrave. Plus de 55 % des ICTAM travaillent plus de 40 heures par semaine. Le plus scandaleux ? 58 % de ces heures supplémentaires ne sont ni rémunérées ni récupérées. Ce « travail gris » — effectué sur le temps de trajet, la pause méridienne ou les jours de repos via les outils numériques — s’apparente à un forfait jours déguisé. Ce don de soi forcé génère burn-out et épuisement professionnel.
L’IMPOSTURE DU RIFSEEP
Contrairement à ce qui est souvent affirmé, l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) ne couvre pas par nature les dépassements horaires. C’est une contre-vérité juridique. L’IFSE valorise la technicité et la responsabilité d’un poste, pas le volume horaire. Utiliser cette prime pour justifier le dépassement du temps de travail légal, c’est mettre sous le tapis la question de la charge de travail et la souffrance au travail. Tout travail effectif doit être décompté, payé ou récupéré !
UN FREIN MAJEUR POUR LES FEMMES
Bien que majoritaires (61 %) dans la fonction publique territoriale, les femmes subissent un double plafond de verre. La culture du « présentéisme » et la disponibilité totale exigée pénalisent celles qui assument encore 80 % des tâches domestiques. Résultat : un écart salarial de 11 % et un accès restreint aux postes de direction (seulement 45 % en catégorie A+).
POUR UN SERVICE PUBLIC PROTECTEUR ET LA CRÉATION D’EMPLOIS QUALIFIÉS
L’UFICT-CGT refuse de voir les ICTAM sacrifier leur santé. C’est pourquoi nous exigeons :
- La création d’emplois publics qualifiés pour en finir avec le travail « invisible » ;
- Un droit à la déconnexion effectif avec des sanctions pour les employeurs publics qui cautionnent les pratiques managériales toxiques ;
- Le décompte précis du temps de travail et la fin de l’écrêtage automatique par les logiciels de pointage ;
- La reconnaissance des qualifications par le paiement de toutes les heures supplémentaires pour les catégories A et B ;
- La semaine de 32 heures sans perte de salaire pour travailler toutes et tous, et mieux.
Dans le cadre des élections professionnelles, une fiche revendicative plus détaillée est disponible (pour tracter dans les services) sur le site de l’UFICT et de la fédération.
Le 10 décembre, ne laissons plus notre expertise être bradée.
Votons et faisons voter CGT pour reprendre le contrôle de notre temps de travail !
