Le rapport Ces entreprises qui menacent la démocratie 2025 présente une sélection annuelle d’entreprises emblématiques qui violent les droits syndicaux et les droits humains, concentrent le pouvoir de l’industrie, se soustraient à l’impôt et à la responsabilité sociale, passent outre la volonté populaire et les politiques publiques en recourant à un lobbying intensif, exacerbent la catastrophe climatique et, surtout, investissent activement une partie des profits qu’elles doivent au travail de leurs employés dans les forces politiques d’extrême droite.
CES ENTREPRISES QUI MENACENT LA DEMOCRATIE 2025
L’édition 2024 de Ces entreprises qui menacent la démocratie a démontré l’omniprésence des comportements antidémocratiques dans le monde des entreprises, impliquant notamment des investisseurs institutionnels (Vanguard), des sociétés de capital-investissement (Blackstone), des géants de la technologie (Meta, Amazon), des constructeurs automobiles (Tesla) et de grandes entreprises de l’industrie lourde (Exxon, Glencore).
Cette année, la liste attire l’attention sur la menace croissante que font peser sur la démocratie les principaux acteurs émergents de la militarisation rapide de l’économie mondiale. En 2025, ces entreprises favorisent un militarisme accru, exigent une déréglementation massive, participent au déclin de la démocratie sur le lieu de travail – quand elles ne s’opposent pas directement à la démocratie – et se rangent aux côtés des forces d’extrême droite qui cherchent à réduire à néant les modestes progrès accomplis au cours des 80 dernières années en faveur d’une démocratie pluraliste et de la paix.
Dans notre analyse de 2025, sept entreprises se distinguent en particulier:
- Amazon.com (deuxième année) : Amazon, qui appartient au milliardaire Jeff Bezos, figure de nouveau sur notre liste après y avoir été citée en 2024. L’entreprise, qui organise régulièrement des activités liées à l’industrie de la défense et qui se présente comme « Amazon for Warfighters » (Amazon pour les combattants), collabore avec d’autres acteurs de la technologie en vue d’accroître ses sources de revenus financées par les contribuables grâce à l’industrie de l’armement, crée des plateformes d’extrême droite et s’associe à des personnalités d’extrême droite.
- Anduril Industries : Anduril est peut-être la moins connue de la liste de cette année. Décrite comme « à mi-chemin entre la culture du piratage informatique et l’idéologie belliciste », elle s’est spécialisée dans la construction de machines à tuer autonomes relevant d’une véritable dystopie.
- Meta Platforms Inc. (deuxième année) : Meta, déjà sur la liste de 2024, revient cette année, étant donné que son PDG milliardaire Mark Zuckerberg accélère son virage vers l’idéologie d’extrême droite et les contrats militaires.
- Northrop Grumman : Northrop Grumman est l’entreprise « la plus rentable du secteur des armes nucléaires ». Plus habile pour dissimuler ses opinions politiques que ses concurrents plus récents, Northrop finance néanmoins des personnalités d’extrême droite hostiles au multilatéralisme, au contrôle des armements et aux syndicats.
- Palantir Technologies : Appartenant au milliardaire d’extrême droite Peter Thiel, Palantir est devenue en deux décennies le système d’exploitation de données de facto dans le domaine de la guerre, du maintien de l’ordre, de l’application de la politique d’immigration et de l’analyse du renseignement.
- Space Exploration Technologies : SpaceX, dirigée par le milliardaire d’extrême droite Elon Musk, est désormais profondément ancrée dans la planification et les opérations militaires, et les profits qu’en tire Elon Musk sont injectés dans des projets politiques d’extrême droite sur plusieurs continents.
- Vanguard (deuxième année) : Plus grand investisseur au monde dans la production des armes nucléaires, Vanguard apparaît pour la deuxième année sur la liste des entreprises qui menacent la démocratie. Alors que son célèbre rival BlackRock s’efforce de faire face aux attaques de la droite contre son prétendu « wokisme », Vanguard a rapidement abandonné ses engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance pour gagner la faveur de l’extrême droite américaine.
L’influence financière de ces entreprises leur permet de diffuser largement leurs idées réactionnaires dans toute la société via une multitude de plateformes et d’institutions, allant des médias traditionnels et des médias sociaux aux équipes de recherche universitaires et aux groupes de réflexion politiques.
