Le sanitaire, le social et le médico-social sont à bout de souffle. Nous portons la détresse sociale du
pays. Les salariéꞏes s’épuisent à tenir à bout de bras des missions de service public essentielles pendant que :
– les salaires stagnent
– les conditions de travail se dégradent
– les financements restent dramatiquement et drastiquement insuffisants pour garantir la dignité des personnes que nous accompagnons.
Les salaires sont écrasés, les grilles sont tassées, en lien avec le SMIC qui rattrape nos qualifications
et l’inflation frappe chaque foyer, entraînant un sentiment légitime de déclassement des professionnel·les de nos secteurs. Notre expérience ne paie plus, nos diplômes sont dévalorisés, le
sens même de notre engagement est fragilisé.
Pour exemple, sur la convention 51, si les salaires (en brut) avaient suivi la même augmentation que
celle du SMIC entre 2002 et aujourd’hui :
– un·e AES (accompagnant.e éducatif.ve et social·e) gagnerait 760,50€ de plus
– un·e aide-soignant·e gagnerait 943€ de plus
– un·e infirmièr·e gagnerait 1297,44€ de plus
– un·e rééducateur·rice gagnerait 1753.30€ de plus
Sur la convention 66 :
– un·e éducateur·rice spécialisé·e (bac +3) en début de carrière (sans sujétion d’internat) est
rémunéré·e 1862,70€ bruts par mois, soit seulement 39,67€ de plus que le SMIC
– un·e agent·e de de service intérieur au bout de 28 ans de carrière (sans sujétion d’internat) est
rémunéré·e 1909,91€ bruts par mois soit 86,88€ de plus que le SMIC.
Le 7 janvier 2026, le Sénat a refusé une proposition de loi qui visait à revaloriser nos salaires et les
négociations sur les salaires dans le cadre de la CCUE (convention collective unique et étendue)
pourraient être repoussées à 2028 ! La reconnaissance salariale liée au diplôme, à la qualification et
aux responsabilités dans nos secteurs est niée.
Ça suffit !!! L’accompagnement des personnes vulnérables ne peut plus se faire dans la précarité et
l’épuisement.
Ce que nous vivons n’est pas une fatalité économique, considérer nos métiers comme un coût
financier et non comme une richesse humaine est un choix politique. De l’argent, il y en a… et il est
accaparé par quelques un·es.
L’étude OXFAM sortie en janvier le montre. En France, en 2025, un·e milliardaire gagnait en moyenne
1768€ par minute et ce, 7 jours sur 7 et 24h sur 24 !
La fortune des milliardaires français a doublé entre 2017 et aujourd’hui. 53 milliardaires sont
désormais plus riches que 32 millions de français·es réuni·es.
A l’échelle mondiale, la fortune des milliardaires a atteint en 2025 18 300 milliards de dollars cumulés.
C’est 81% de plus qu’en 2020. Là où il y a 14 ans, les 1% les plus riches détenaient autant que la
moitié de la population, aujourd’hui, 12 milliardaires possèdent plus que la moitié la plus pauvre du
monde.
L’injustice doit cesser !
Le 15 mars prochain, nous fêterons les 60 ans de la convention collective 66. Soixante ans d’histoire
sociale et de droits conquis.
Une convention collective n’est pas un souvenir que l’on commémore en silence. C’est un outil de
protection que nous défendons et que nous devons continuer de faire vivre collectivement. Nous ne
gagnerons rien en restant isolés. Nous ne gagnerons rien en attendant que d’autres décident pour
nous. Ensemble, organisés et déterminés, nous pouvons peser. Les collègues de la prévention
spécialisée en grève depuis le 19 novembre nous montrent une nouvelle fois que l’union fait la force.
Inspirons-nous de leur lutte.
Affirmons que notre travail a de la valeur, qu’il mérite respect et reconnaissance. Nos métiers sont
qualifiés, exigeants, indispensables. Ils demandent des diplômes, de l’expérience, de l’engagement.
Affirmons que l’accompagnement des plus fragiles ne peut pas être une variable d’ajustement
budgétaire.
Nous sommes des milliers de travailleur·ses dans le sanitaire, le social et le médico-social. Sans nous,
nos établissements et services ne fonctionnent pas. Nous ne demandons l’impossible, nous refusons
simplement l’inacceptable. Faisons de cette journée une démonstration de force.
A cette occasion, ensemble, sortons la tête de l’eau et imposons :
– Une revalorisation réelle et immédiate des grilles de salaire et la fin du tassement organisé
– Une Convention Collective ambitieuse et de haut niveau
– Des moyens humains et financiers à la hauteur pour la dignité des personnes accompagnées
– Une justice sociale et un service public fort
Rendons-nous visibles
Mardi 10 mars 2026 à 12h devant l’entrée principale du CHU de Nantes
(Avec vos pique-niques)
Les syndicats et le collectif ont besoin de vos constats, vos idées pour renforcer et amplifier cette
lutte collective. Nous vous invitons donc à participer à une ASSEMBLEE GENERALE qui aura lieu à
la fin de la manifestation dans la salle A du bâtiment central de la Maison des syndicats.
Contacts :
– Collectif travail social en lutte 44 : socialenlutte44@gmail.com
– CGT : 07 67 35 47 97 – cgt-sante-sociale@ikmail.com
– FSU : 02 40 35 96 55 – fsu44@fsu.fr
– Sud Santé sociaux : 06 07 55 69 95 – contact@sudsantesociaux44.fr
