« Et alors ? De toute façon, les syndicats ne sont jamais contents, passons outre » pourrait-être la phrase que l’administration se dit après les deux CST marqués par un vote unanime des organisations syndicales de Loire-Atlantique contre la réorganisation des services du RSA. L’administration est passée en force, c’est un 49.3 local en fin de compte.
Et pas content.e.s, nous le sommes en effet. Pas contre le fond de la réorganisation : travailler en pluridisciplinarité c’est un grand OUI ! Faire équipe POUR les usager.es, pour une réinsertion durable, c’est toujours un grand OUI.
››› Mais à quel prix ?
Est-ce au prix des plus démunis en réduisant l’accompagnement à 18 mois ? C’est une partie infime des personnes accompagnées, mais ce sont aussi les allocataires qui en ont le plus besoin.
Est-ce au prix de la santé des équipes ? 2 points de contacts par mois pour chaque personne + les ateliers collectifs + les réunions d’équipe + les réunions institutionnelles + les RDVs d’orientation + les réunions d’informations collectives + les Groupes Pratiques et Métiers + la gestion administrative + les collègues en arrêt maladie non remplacé = un agenda impossible à tenir !
Est-ce au prix de l’accompagnement ? Quand trouverons-nous le temps de faire de la relation entreprise, notion inerrante à notre métier ? D’écrire, par exemple, des fiches de liaison pour la MDPH ? D’effectuer des recherches d’emploi ?
››› Et avec quels moyens ?
Moins de temps, moins de dispositifs, moins d’actions collectives, moins de remplacement, moins, moins, moins … Économie est le mot phare. Et nous comprenons, mais dans ce cas-là, pourquoi toujours nous renvoyer au succès de l’expérimentation de Saint-Nazaire?
Incontestablement, ce fut un succès. Des taux d’accès à l’emploi, notamment en hausse. Mais l’expérimentation de Saint-Nazaire ce sont surtout : des moyens supplémentaires de l’Etat (750 000€ en 2023 et 1 M€ en 2024), la création de 7 postes et de 11 dispositifs supplémentaires. Ce sont 118 aides à l’insertion accordées pour 78 personnes. Ce n’était clairement pas la politique du moins, mais bien celle de l’investissement et nous n’aurons jamais ces moyens-là. L’administration le sait, nous le savons, alors arrêtons de nous mentir.
Nous en sommes conscient.e.s : le Département de Loire Atlantique a l’obligation de mettre en place la loi Plein Emploi, votée par le gouvernement en décembre 2023. Nous savons qu’il est acculé entre réduction des aides de l’État et réduction d’entrée d’argent via les taxes.
››› Mais pourquoi de cette manière ?
Pourquoi ne pas avoir sincèrement impliqué les équipes ?
Pourquoi avoir réalisé les fiches de poste sans les professionnel.les de terrain ?
Pourquoi supprimer des postes (2 SMS et 3 CAE) ? Que vont devenir les collègues ? Pourquoi ne pas avoir écouté les retours de nos cadres de terrain ?
Pourquoi penser « réduction des coûts » et ne plus penser « insertion durable » ?
Et, s’il vous plait, ne nous parlez pas des groupes de travail, tous les retours des professionnel.les de terrain sont unanimes : l’administration savait déjà ce qu’elle voulait, aucun des retours n’ont été pris en compte. Le mode gestion de projet est bien organisé, bien enclenché, mais le principal a été oublié :
Cette organisation ne convient pas aux équipes et professionnel.les de terrain considèrent sincèrement qu’elle entraînera une baisse de la qualité de l’accompagnement.
Nous demandons une prise en compte de nos revendications.
Nous demandons d’être enfin et réellement écouté !
La campagne de vœux pour les mobilités est clôturée, marquée par des changements de règle en cours de route, des informations peu transparentes engendrant des demandes de dernière minute. Nous ne connaissons pas qui seront les membres de la commission décisionnaire. Cette réorganisation est faite en naviguant à vue, sans planification aucune et au mépris de la santé et de l’investissement des premièr.es concerné.es.
Contactez nous pour faire part de vos difficultés, nous ne lâcherons pas l’administration sur cette organisation.
