Le changement climatique impose de repenser durablement l’organisation du travail
La canicule de juin 2026 a rappelé avec force que les fortes chaleurs constituent désormais un risque majeur pour la santé au travail. Pour la CGT, ces épisodes ne peuvent plus être gérés dans l’urgence. Ils doivent être anticipés, au même titre que les autres risques professionnels.
Le changement climatique impose de repenser durablement l’organisation du travail, les bâtiments, les équipements et les droits des salarié·es. C’est dans cette perspective que la CGT présente un plan articulé autour de quatre grandes priorités :
- faire évoluer la réglementation,
- renforcer les obligations des employeurs,
- adapter la société aux conséquences du dérèglement climatique
- agir sur ses causes.
Canicule au travail – les 10 mesures phares de la CGT :
- Interdire le travail extérieur lors des alertes orange et rouge.
- Maintenir intégralement le salaire en cas d’arrêt de l’activité.
- Adapter les horaires et augmenter les pauses.
- Généraliser les plans « fortes chaleurs » dans toutes les entreprises et administrations.
- Renforcer le droit de retrait.
- Mieux protéger les salarié·es les plus vulnérables.
- Doubler les effectifs de l’inspection du travail.
- Sanctionner les employeurs qui ne protègent pas leurs salarié·es.
- Rétablir les CHSCT (instances spécialisées en santé et sécurité).
- Engager un vaste plan d’adaptation au changement climatique.
Renforcer immédiatement la protection des travailleurs
Sans attendre, la CGT demande une évolution rapide de la législation afin que les fortes chaleurs soient enfin prises en compte à la hauteur des risques qu’elles représentent.
La cgt propose notamment de renforcer les obligations des employeurs, d’améliorer les droits des salarié·es, de donner davantage de moyens à l’inspection du travail et de mieux prévenir les accidents liés à la chaleur.
L’objectif est clair : faire de la prévention une obligation effective et non une simple recommandation.
La législation et les directives de l’Etat doivent être modifiées au plus vite
Le décret du 27 mai 2025, déjà très peu appliqué par les employeurs, doit être complété par un nouveau cadre juridique et les directives de l’État doivent être modifiées au plus vite avec les mesures suivantes ⤵️
Faire de la négociation un levier de prévention
Au-delà des mesures nationales, la CGT considère que chaque secteur professionnel et chaque entreprise doivent anticiper les épisodes de fortes chaleurs. La CGT demande l’ouverture de négociations dans les branches, les entreprises et les administrations afin de construire des plans de prévention adaptés aux réalités du terrain : organisation du travail, horaires, pauses, équipements, protection des salarié·es les plus exposé·es ou encore transformation des locaux de travail.
Contraindre les employeurs à négocier sur les fortes chaleurs et à transformer les locaux de travail
« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. ».Article L. 4121-1 du Code du travail
Afin de faire appliquer les mesures déjà existantes mais restées théoriques telles que celles prévues au décret du 27 mai 2025, la CGT demande l’ouverture de négociations à tous les niveaux et la mise en place d’accords de branches, d’entreprises et dans la fonction publique prévoyant des plans concrets de prévention des risques liés à l’exposition aux fortes chaleurs.⤵️
Adapter la société aux conséquences du dérèglement climatique
Pour la CGT, protéger les travailleurs suppose également d’engager une adaptation plus globale du pays. Le plan syndical appelle à investir dans les hôpitaux, les écoles, les infrastructures, les logements, les transports ou encore les services de secours afin que les conséquences du changement climatique soient mieux anticipées et que les populations les plus vulnérables soient protégées.
✊ Lutter (vraiment) contre le dérèglement climatique
Enfin, le plan de la CGT rappelle qu’il ne peut y avoir de politique de prévention sans action résolue contre le dérèglement climatique.
La CGT défend notamment une politique de décarbonation des transports et de l’industrie, le développement du ferroviaire, la relocalisation de productions stratégiques et une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux dans les décisions des entreprises.
