Ouest-France publie une enquête de Paul Dumort Trujillo « Vaucluse, Finistère… Comment ces départements réduisent drastiquement le nombre d’allocataires du RSA » qui donne un point de vue convergent avec celui de Mediapart (voir Mediapart met en exergue les pratiques inquisitoires vis-à-vis des bénéficiaires du RSA dans le Vaucluse et le Finistère), et rejoint nos articles (voir Dans le Finistère, pour « coacher » les bénéficiaires du RSA on fait appel à une entreprise avec des « Développeur(se) Fullstack, Data scientist, Product manager, UX/UI Designer, Customer Success, Lead data, Lead dev, Head of Product, CTO » et Dans le Vaucluse comment expliquer la forte baisse du nombre de bénéficiaires du RSA ? )
L’article met en évidence le lien entre la baisse importante du nombre d’allocataires du RSA dans le Vaucluse et des pratiques dissuasives des services : dossiers considérées comme incomplets, sans que soient mentionnés les documents nécessaires
Il met également en avant l’application mécaniste des 15 heures d’activité, citant Vincent Cantrin, délégué syndical CGT France Travail en Paca « L’un des problèmes de cette réforme, c’est qu’on demande le même investissement de la part d’une mère célibataire qui peine à faire garder ses enfants que de la part d’un jeune qui vient de sortir d’étude. Celui qui comprend les règles du jeu peut répondre grossièrement à vingt offres d’emploi par semaine, collant ainsi aux conditions. Il ne lui arrivera jamais rien. »
Quant à la politique d’insertion le Finistère reconnaît une difficulté majeure : « Les Départements ne disposent pas aujourd’hui d’outil permettant le suivi des fins d’accompagnement, et en particulier le retour à l’emploi des allocataires du RSA. »
La seule mesure est celle de France Travail qui montre que la plupart des contrats signés se révèlent précaires « Dans le Finistère, moins d’un allocataire sur deux ayant expérimenté l’«accompagnement rénové» avait signé un contrat de plus d’un mois sur l’année. Et deux tiers se sont retrouvés sans emploi à l’issue de cette période d’une année »
Par contre les radiations fonctionnent fort bien « il existe même depuis 2011 « une brigade anti-fraude au RSA » rattachée au Département des Alpes-Maritimes. Selon nos informations, en 2022, plus de 60 % des allocataires locaux, soit 13 000 personnes, ont vu leurs droits au RSA suspendus « pour non-respect de leurs devoirs »« . Et dans le Finistère on met en avant «une procédure de sanction favorisant la mobilisation des allocataires qui ne respectent pas leurs obligations d’insertion » qui aboutit à ce qu’en 2024, 3 275 allocataires finistériens aient fait l’objet d’une tentative de « remobilisation » (soit près de 20 % des effectifs) entrainant une réduction de 80 % du RSA durant un mois.
En conclusion l’article aborde le sujet de devenir des radiés qui survivent avec le soutien familial ou d’autres institutions et constate « Loin d’être éradiquée, la précarité se retrouve juste prise en charge par d’autres »
AJOUT
Article relayé par Didier Dubasque dans son blog Ecrire pour et sur le Travail Social
